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À la découverte de Chambéry : du musée des Beaux-Arts à la vieille ville

Par ANNE GAUCHER, publié le samedi 2 mai 2026 15:41 - Mis à jour le samedi 2 mai 2026 15:46
L'exploration de l'ancienne capitale de la Savoie : une journée riche en découvertes, alliant art, histoire et urbanisme, pour éveiller sensibilité et curiosité.

Les étudiants de1ère année du BTS Professions Immobilières ont eu l’opportunité de suivre un cours de Culture Générale et Expression (CGE) hors les murs du lycée, en explorant Chambéry (sa vieille ville et son musée des Beaux-Arts).

 

1- La confrontation avec les œuvres picturales

Voir une reproduction ou se tenir face à un tableau ne provoque pas les mêmes émotions, ni le même engagement. Pour stimuler cette sensibilité artistique, les étudiants se sont rendus au musée des Beaux-Arts de Chambéry, où ils ont découvert des collections couvrant une période allant de la fin du Moyen Âge au début du XXe siècle.

Ils ont pu observer :

  • La diversité des formats : des œuvres monumentales, comme Les Sept Athéniennes livrées au Minotaure de Jean-Baptiste Peytavin (plusieurs mètres de large), aux toiles intimistes, telle que  Le Petit Mangeur de spaghetti de Giacomo Cipper (quelques dizaines de centimètres seulement).
  • Les techniques et matériaux : des peintures à l’huile plus ou moins craquelées, l’utilisation de feuilles d’or sur les œuvres du XIVe siècle, ou encore l’évolution de la maîtrise de la perspective et du traitement réaliste des corps.
  • Le jeu des lumières : le contraste de clair-obscur, typique de certaines époques.
  • La nature des supports : toiles, panneaux de bois, ou autres matériaux utilisés selon les périodes.

Une immersion qui a permis aux étudiants de comprendre l’évolution des styles et d’apprécier la dimension matérielle et historique des œuvres.

 

2- La déambulation dans la vieille ville : un voyage à travers les époques

Chambéry offre un urbanisme unique, marqué par des styles architecturaux variés, témoins des différentes périodes de son histoire.

Un héritage médiéval et ingénieux

  • Un réseau de voies original : la ville s’est développée sur d’anciens canaux (comme le canal de l’Albanne, aujourd’hui intégré au Passage du Mont-Blanc) et ruisseaux, qui ont façonné son tracé.
  • Des défis techniques : pour s’adapter au terrain marécageux, la cathédrale Saint-François-de-Sales a été construite sur 30 000 pilotis de mélèze, un exploit d’ingénierie pour l’époque.

L’influence du Moyen Âge et de la Renaissance

  • Un bâti en "lanière" : au Moyen Âge, un impôt très élevé (le toisé, deux fois plus cher qu’à Lyon) a poussé les commerçants à construire des échoppes étroites. Les commerces s’organisaient dans des "allées" (comparables aux traboules lyonnaises), qui ont été recouvertes après la suppression de l’impôt.
  • Des traces de la Renaissance : fenêtres à meneaux, loggias, et autres éléments ornementaux qui rappellent cette période faste.

Le baroque et le classicisme

  • La chapelle Vaugelas : témoin du style baroque, avec ses volutes et son fronton sculptés.
  • L’héritage du comte de Boigne : ce général et bienfaiteur de la ville, qui a fait fortune en Inde, a marqué Chambéry de son empreinte :
    • Le théâtre Charles-Dullin,
    • La rue de Boigne, célèbre pour ses arcades,
    • La fontaine des Éléphants, symbole de la ville, érigée en son honneur.

Un passé militaire et des bâtiments emblématiques

  • Le carré Curial : un vestige de la présence napoléonienne, une architecture efficace et sobre.
  • Le néo-classicisme du XIXe siècle : Palais de Justice, musée des Beaux-Arts, théâtre Charles Dullin, et Hôtel de Ville en sont les meilleurs exemples.
  • Le modernisme : les Halles, construites en béton et acier, illustrent cette transition vers une architecture plus contemporaine.

3- Un détour par l’histoire de la Savoie

La visite s’est achevée par la salle des Comptes du château des Ducs de Savoie, où une exposition a permis aux étudiants de plonger dans l’histoire régionale.

 

4- Les trompe-l’œil : une invitation à réfléchir sur "le vrai et le faux"

Chambéry regorge de trompe-l’œil, qui offrent une transition naturelle vers la thématique "le vrai et le faux", au programme de CGE pour l’année 2026-2027.

Parmi les plus remarquables :

  • Les réalisations du groupe MIAMI : dans la cour de l’Horloge, une scène de la Renaissance est peinte en trompe-l’œil. De fausses fenêtres, de fausses pierres angulaires et des moulures ornent aussi les façades de la vieille ville.
  • Les 6 000 m² de peintures de la cathédrale : réalisées au XIXe siècle dans un style gothique flamboyant "troubadour", elles sont l’œuvre de Fabrizio Sevesi (1810) et surtout de Casimir Vicario (1834).
  • Une touche gourmande : la pâtisserie Maison B propose des desserts en forme de fruits, si réalistes qu’ils pourraient tromper l’œil des plus gourmands !

 

Une journée riche en apprentissages, qui a permis aux étudiants de découvrir Chambéry sous un angle culturel, historique et artistique, tout en nourrissant leur réflexion pour leurs futurs cours.